À moins que vous ne les collectionniez, ou que vous ne choisissiez un modèle surdimensionné, les voitures électriques ont un impact écologique bien inférieur à celui des modèles diesel ou à essence. Explications.
Tentez, lors de n’importe quel dîner, de mettre le sujet des voitures électriques sur la table. Vous aurez forcément un convive s’élevant contre « ces véhicules qu’on nous vend comme plus propres, alors que leur fabrication a un impact environnemental supérieur à celui des modèles thermiques », [sic]. Leurs batteries sont constituées de métaux (lithium, cobalt, etc.) dont l’extraction, le raffinage et le transport sont source de pollutions. C’est vrai. Sauf que « cet argument est incomplet. Il ne tient pas compte de l’ensemble du cycle de vie d’une voiture », répond Bertrand-Olivier Ducreux, ingénieur Transports et Mobilités à l’ADEME.
Une pollution initiale vite compensée
La plupart des gens n’achètent pas une voiture pour l’exposer mais pour se déplacer. Or, à l’usage, les moteurs électriques génèrent nettement moins de CO2 que ceux qui brûlent du pétrole. Surtout dans un pays qui, comme la France, produit une électricité quasi décarbonée. « La dette écologique liée à la fabrication est vite “remboursée”, si bien que, sur l’ensemble de sa durée de vie, y compris en tenant compte des émissions induites par l’installation des bornes de recharge, une petite citadine roulant dans l’Hexagone a un impact carbone deux à trois fois inférieur à son équivalent thermique », assure Bertrand-Olivier Ducreux. Elle fait aussi moins de bruit et n’émet pas de gaz d’échappement (NOx, etc.), améliorant ainsi la qualité de l’air locale.
C’est le kilométrage à partir duquel l’impact CO2 d’une citadine électrique devient inférieure à celle d’un diesel. Pour un gros SUV, il faut attendre 100 000 km.
Par ailleurs, la France et l’Europe ont les capacités industrielles de recycler le gisement actuel de batteries en fin de vie, et ces capacités ont vocation à augmenter. La récupération des métaux critiques pour fabriquer de nouveaux modèles réduit autant l’épuisement des ressources et les pollutions associées à leur extraction que les problèmes de souveraineté sur ces matières premières importées. Au regard de l’analyse du cycle de vie complet des voitures, c’est-à-dire en tenant compte de leur fabrication, de leur utilisation et de leur fin de vie, la substitution d’un diesel ou d’une essence par une électrique a un réel intérêt écologique. Cela devient même un atout économique : si les modèles électriques sont plus chers à l’achat, ils permettent des économies d’énergie à l’usage. Avant la guerre en Iran et la flambée des prix, ils étaient déjà trois fois moins chers au kilomètre s’ils étaient majoritairement rechargés à domicile.